jeudi 24 février 2011

Editan los archivos Casasola


La editorial española La Fábrica, especializada en publicar la obra de los grandes fotógrafos del mundo, dedica un libro como tributo a uno de los grandes referentes de la fotografía universal: Agustín Casasola


En México son ampliamente reconocidas las aportaciones de Agustín Víctor Casasola (1874-1938), pionero del fotoperiodismo y fundador del acervo visual más importante de la Revolución mexicana; sus imágenes han sido difundidas con generosidad, sin embargo, la trascendencia de su legado ha sido, hasta ahora, poco apreciado en otras geografías.
“El archivo Casasola no es únicamente un referente de la fotografía mexicana, las imágenes que lo conforman se han convertido en un referente universal”, dice en entrevista vía telefónica desde Madrid Alejandro Castellote, director de la Biblioteca PHotobolsillo de fotógrafos latinoamericanos.
La labor del artista mexicano en ese contexto social y político es comparable a la que realizaron otros destacados artistas de la lente, como Lewis Hine, en Estados Unidos, o Alfonso Sánchez García, en España, reconocidos internacionalmente; de Casasola, sin embargo, sólo se han divulgado fuera de México algunos entrañables retratos de la Revolución. Ahora gracias a esta edición española, el acervo Casasola podrá ser apreciado por espectadores más allá de nuestras fronteras.

Universo visual
Las 61 fotografías del Archivo Casasola incluidas en el volumen de la Colección PHotoBolsillo incluyen imágenes de la Revolución mexicana y sus caudillos, como Emiliano Zapata y Francisco Villa, pero también se encuentran retratos de la vida cotidiana del México de principios del siglo XX: intelectuales y artistas como Diego Rivera, León Trotsky y Tina Modotti; acontecimientos sociales, algunas huelgas, inauguraciones y festividades.
Alejandro Castellote destaca las fotografías de la serie “Judiciales”, que reúne imágenes de comisarías y presos famosos, como el estrangulador Goyo Cárdenas, o la primera Miss México, María Teresa Landa, quien asesinó a su esposo bígamo.
“No es una mirada a todo el trabajo, es apenas un atisbo, un primer intento” por darle visibilidad y acercarlo a otros públicos, explica Castellote.
“Es una mirada que sin ser exhaustiva abre las posibilidades a un autor que tiene aún mucho por descubrir”.
Laura Cortés/MILENIO

mardi 22 février 2011

Travelling maintient son rendez-vous avec Mexico

Cinéma: malgré la brouille franco-mexicaine, le festival Travelling maintient son rendez-vous avec Mexico
http://www.clairobscur.info/
Par Isabelle Le Gonidec

Le festival de cinéma Travelling propose chaque année un gros plan sur une capitale et au-delà explore un pays, son histoire et ses fractures. Malgré les déboires de l’Année du Mexique en France, le festival, organisé à Rennes par l’association Clair-Obscur, a choisi de maintenir sa programmation et de jouer la carte du dialogue et du débat. Un pari entendu par les invités mexicains qui ont confirmé à une large majorité leur participation. Le clap de début des festivités est donné ce mardi 22 février 2011.

L’Année du Mexique en France a été suspendue le jeudi 17 février 2011 en raison des tensions diplomatiques provoquées par l’affaire Florence Cassez. Depuis cette suspension, des voix autorisées comme côté français le politologue Georges Couffignal, les écrivains JMG Le Clézioou encore Jean-Claude Carrière protestent contre le « gâchis » que représente cette annulation. Le rendez-vous de Travelling est lui maintenu grâce notamment au soutien de ses partenaires publics et privés et à la volonté de ses organisateurs expliquée dans une lettre ouverte au gouvernement français publiée ce lundi 21 février.

La brouille juridico-diplomatique
A l’origine du dernier rebondissement dans l’affaire Cassez, il y eut, le 10 février, le verdict de la
justice mexicaine refusant le pourvoi en cassation de Florence Cassez, condamnée au Mexique à soixante ans de prison. Le président Sarkozy décide alors le 14 février, de dédier chaque manifestation de l’Année du Mexique à la prisonnière. Au Mexique, les autorités décident alors de suspendre leur participation. De son côté, la première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry demande aux municipalités socialistes de ne pas accueillir de manifestations de l’Année du Mexique. Sur tout le territoire les manifestations sont annulées : à Lille, grande ville du Nord –la région d’où est originaire Florence Cassez- et dont Martine Aubry est maire, l’exposition «Drôles d’estampes» organisée dans le cadre de l’Année du Mexique, est annulée. De même à Toulouse, municipalité également socialiste, le festival de musiques du monde Rio loco qui devait être largement consacré au Mexique, doit réorganiser sa programmation d’ici le mois de juin.
A Rennes, c’est l’association Clair-Obscur qui tranche
Lorsque Martine Aubry fait sa déclaration, Eric Gouzannet, directeur de l’association Clair Obscur est en rendez-vous avec le maire socialiste de la ville Daniel Delaveau. Travelling n’étant pas une manifestation organisée par la municipalité mais par une association, la décision de jeter ou non l’éponge appartient à cette dernière. Pour
Eric Gouzannet, Travelling est une manifestation culturelle et « il ne faut pas tout mélanger ». Tant qu’à soutenir un prisonnier, selon lui, le festival se devrait plutôt de soutenir Jafar Panahi, cinéaste iranien assigné à résidence.
La participation de Travelling à l’Année du Mexique permettait d’accueillir un plus grand nombre d’invités que lors des précédentes éditions car les autorités mexicaines prenaient en charge, outre l’expédition des copies des films (et leur sous-titrage éventuel et le paiement des droits), les billets d’avion des invités. La suspension de l’Année du Mexique oblige de fait le festival à assumer une plus lourde charge financière (entre 30 et 40 000 € supplémentaires) mais ses responsables assurent avoir obtenu le feu vert de leurs partenaires. Les films ayant déjà été presque tous réceptionnés, les organisateurs ont mis les bouchées doubles ces derniers jours pour organiser le voyage et l’accueil de leurs invités.

Mexico et le Mexique, une ville et un pays de cinéma
Avec près d’une centaine de films programmés, du plus ancien -le premier long métrage mexicain, « l’automobile grise » (1919)- aux plus récents, œuvres de jeunes cinéastes qui composent la « nouvelle vague mexicaine » comme Alejandro Gonzalez Iñarritu ou Carlos Reygadas dont les films font une carrière internationale, le festival embrasse la diversité du cinéma mexicain. Tous les genres et les formats sont représentés, fictions et documentaires, courts et longs métrages présentés dans différentes sections.
Mexico lindo, au-delà des clichés
Plusieurs sections thématiques permettent d’explorer en profondeur l’histoire tumultueuse du Mexique et les passions mexicaines.
L’une de ces thématiques, « Révolution(s) et turbulences », revisite au prisme du cinéma la révolution de 1910 et les suivantes (Chiapas de 1994, Oaxaca en 2006). La programmation propose ainsi dans la section « trouvailles » quelques images du dictateur Porfirio Diaz, éjecté du pouvoir par la révolution de 1910, filmées en 1896 par les assistants des frères Lumière au Mexique. Autre époque, même violence avec le film El grito, « le cri », chronique et documentaire de Leobardo Lopez Aretche sur le mouvement étudiant de 1968 réprimé dans le sang en octobre 1968 place Tlatelolco.
Une autre section est consacrée à la lucha libre, le catch mexicain, qui déchaîne les passions, toutes générations et classes sociales confondues. L’affiche du festival rend hommage à ce sport qui a généré un véritable genre cinématographique et son modèle,Blue Demon Jr est l’invité d’honneur du festival. Une journée marathon est proposée le 25 février pour décrypter cette passion mexicaine dont la mise en scène colorée et bruyante ne peut masquer la violence.
L’un des points forts du festival est précisément ce souci du décryptage. En marge des projections plusieurs rencontres et tables rondes, avec les auteurs mais aussi avec des chercheurs, permettent d’aller plus loin. Un parti pris qui permet de justifier le maintien du festival parce que le débat permet d’expliquer, de confronter les points de vue et de tendre des passerelles au contraire du boycott qui est une porte que l’on claque. La lettre des organisateurs en est le témoignage.

HASTA NO VERTE JESÚS MIO


La reseña histórica de la Revolución Mexicana y la vida social, costumbres y tradiciones contada a través de un personaje muy peculiar: Jesusa Palancares, este personaje tan extrovertido e introvertido y raro.

Gracias a la capacidad literaria de Elena Poniatowska; la escritora nos envuelve en una historia de elementos históricos y críticas y opiniones sobre las tradiciones y costumbres mexicanas.

A través de la novela nos hace creer que la única expositora es Jesusa, siendo esto falso, ya que se alterna en tiempo pasado y actual el personaje de Jesusa y la autora.

La trayectoria de vida que se narra entre estos dos puntos del libro es marcada no sólo por una existencia llena de trabajos, de un sin fín de atropellos, de miseria y fatigas sino también de valor, independencia, decisión, lucha, de una capacidad de mirar críticamente su entorno y, por último, de una fe en la Obra Espiritual cuya creencia estaría centrada en la reencarnación - espacio para su consuelo y fantasía, ya que este camino sería considerado por Jesusa como el único cambio que cree posible, por lo mucho que ha purgado en esta vida-.

Una vida que al fín y al cabo se choca a cada paso con la inmensa urbe que crece a su alrededor y que, aunque se "modernize", sigue siendo clasista, no abriendo un espacio digno a la subalternidad - que sigue siempre en compás de espera: HASTA NO VERTE JESÚS MIO!!!

Jesusa creció en Oaxaca, participó de la Revolución Mexicana, llegó tras la revolución a la Ciudad de México y se empleó como obrera, como sirvienta y como mediadora entre los vivos y los muertos. En efecto, el lenguaje media entre diversos mundos y diversas estelas de los ritmos y sonidos del México del siglo XX. De todas las conversaciones de Jesusa, sus recuerdos, sus historias, a Elena Poniatowska no se les escapa el más mínimo sonido.

Disfrute por ejemplo de un bocadito:

"En esta reencarnación Dios no me ha tenido como tacita de plata. Aquí si la consigo me la como y si no la consigo pues no me la como y ya. Dios dijo: ''Sola tienes que luchar. Tienes que sufrir para que sepas lo que es amar a Dios en la tierra de indios''.

Como en toda la obra de Elena Poniatowska en Hasta no verte Jesús mío se destaca un culminado estilo de narrar que desata las más tajantes contradicciones de la sociedad mexicana; particularmente aquellas en que habitan las costumbres sociales junto a los desdobles de la moralidad.


El concepto de la mexicanidad

El concepto de la mexicanidad

Hasta no verte Jesús mío de Elena Poniatowska y Los años con Laura Díaz de Carlos Fuentes

¿Qué es la mexicanidad? ¿Cómo son los mexicanos? Para responder a estas preguntas vamos a apoyarnos en el libro El laberinto de la soledad del celebre poeta mexicano Octavio Paz. El libro está compuesto por nueve ensayos sobre la identidad mexicana. Partiremos de la premisa de que un mexicano sabria definirse de manera más profunda y exacta frente a otras nacionalidades, ya que su conocimiento sobre sí mismo es intuitivo, consta de un matiz sentimental y además, como lo constata Paz, está basado en amplios conocimientos y estudios históricos, sociológicos, literarios e incluso lingüísticos. Sin duda alguna la identidad se manifiesta plenamente en el arte, en la literatura. Se comprueba en dos novelas de dos grandes escritores mexicanos: Hasta no verte Jesús mío de Elena Poniatowska (mexicana de elección puesto que aunque nació en Francia, es México la que la escritora considera su verdadera patria) y Los años con Laura Díaz de Carlos Fuentes.

Las protagonistas de ambos textos son mujeres mexicanas: Jesusa Palancares y Laura Díaz, respectivamente, además son personajes femeninos muy originales, ninguna de ellas es un representante del llamado every man de su tiempo. Jesusa es una mujer pobre, ni siquiera sabe leer y escribir, pero aunque no tiene formación, sabe sobrevivir contando sólo con sus propias habilidades. En consecuencia, es un personaje muy complejo y poco esquemático, entre otros factores porque Jesusa no solamente se convierte en soldado durante la Revolución Mexicana, sino también porque tiene el don de la videncia, y sabiduría de curandera. Laura Díaz por su parte representa el mundo que constituye la antitesis del representado por Jesusa. Laura es una mujer educada, de la clase alta, es nieta de un hacendado alemán, además es una mujer consciente de la situación mexicana y mundial del siglo XX. Ambas narraciones se inscriben en la corriente del realismo poético, en consecuencia, la mexicanidad en los libros es claramente visible, casi tocable, se manifiesta a través de las descripciones de todos los protagonistas y sus comportamientos, en el fondo histórico y en la realidad mexicana en general. No obstante, no hay que olvidar que los protagonistas casi siempre son personajes sobresalientes que no desaparecen en la realidad novelesca.

El carácter mexicano

El mexicano, según Octavio Paz, es un ser cerrado, ensimismado, triste y sarcástico, nihilista de manera instintiva. Su mayor virtud es la reserva. El mexicano, sea quien sea, obrero o profesor universitario, se preserva, se encierra, lleva una máscara del hombre inconmovible e inquebrantable, reservado y resistente. El hombre mexicano es un macho para quien abrirse al mundo significa dejarse vencido, perder. Por eso, guarda su intimidad, es celoso en su interior, no expresa sus sentimientos y emociones, se siente diferente de los demás. Es un ser inalterable. La hombría se mide por individualismo e invulnerabilidad, por la resistencia ante el mundo exterior, que obviamente es un mundo hostil y enemigo. A la verdadera alegría se la puede hallar solamente en la embriaguez y el torbellino, en la fiesta. Los mexicanos se emborrachan para confesarse, pero su naturaleza impide la confesión, la apertura.

La mujer mexicana, al contrario, es un ser humano inferior, puesto que la apertura forma parte de su naturaleza femenina. Octavio Paz la describe de manera siguiente: “en el mundo hecho a la imagen de los hombres (...) es sólo un reflejo de la voluntad y querer masculinos”, es decir la mujer no tiene deseos propios. Su mayor virtud es el recato, la decencia. Sus fuerzas magnéticas son independientes de ella misma. Por una parte, es una criatura inerme e inerte, por otra, es activa, se apodera de los rasgos propios al hombre, se convierte en la mala mujer, en bruja o prostituta. Seduce a los hombres y los abandona. Se cierra al mundo, por consiguiente, se vuelve invulnerable.

Jesusa Palancares es un ser híbrido, dotada tanto de los rasgos característicos del hombre mexicano como de las características femeninas. Al perder a su madre crece entre hombres asimilando sus comportamientos y su manera de ver el mundo. A la edad de quince años se convierte en soldado, recorre gran parte de México junto con las tropas zapatistas: primeramente al lado de su padre, luego con su marido, el general Pedro Aguilar. Después de la muerte del esposo, se instala en la ciudad de México, donde permanece hasta su muerte. Es un personaje fuerte y resistente, cerrado al mundo. Nunca se queja, ni cuando es pegada por las amantes de su padre, ni cuando es golpeada por su marido. Sin embargo, cuando no puede soportar el comportamiento de su esposo hacia ella, todos sus golpes y latigazos, le desafía, está dispuesta a matarlo o a morir. Como soldado monta a caballo, se viste de hombre, ama las fiestas, aunque nunca se emborracha. Además es curandera, conoce propiedades de las hierbas. Sobre sí misma muy a menudo dice que “tiene el diablo adentro”. En general, Jesusa es una mujer activa que vive entre hombres, pero, al no cumplir con la imagen de la mujer mexicana, sigue siendo rechazada por los demás, tanto por hombres como por mujeres. No obstante, no carece de algunos rasgos femeninos. Cumple con los deberes tradicionales de la mujer: cocina, obedece a su esposo etc. Al no tener sus propios hijos ampara a los huérfanos y a la gente sin domicilio. Toma parte en la Revolución, pero no como soldado propiamente dicho. De todos modos, la fuente de su sufrimiento constituye la falta de aceptación por parte de la gente que la rodea. La sociedad, tanto hombres como mujeres, no la acepta porque es no entra en sus moldes. Además, la protagonista misma tiene plena conciencia de que no refleja la imagen de la mujer mexicana. Su soledad es enorme. Además, Jesusa se da cuenta que entre su comportamiento y mentalidad hay un abismo y se desdeña a sí misma. Si los demás no la aceptan, ella tampoco es capaz de hacerlo.

Por el contrario, los personajes masculinos en Hasta no verte Jesús mío son en mayoría muy típicos. Tanto Pedro Aguilar como Felipe Palancares son verdaderos machos mexicanos. Ambos representan un tópico del hombre de los tiempos de la Revolución, soldados valientes, personas emergidas en su soledad que nunca se confiesan en público. A Pedro y Felipe se les podría llamar mujeriegos, pero, en realidad, incorporan todos los rasgos básicos del hombre mexicano, o sea, fuerza, resistencia y reserva.

Laura Díaz, la protagonista del libro de Carlos Fuentes, tampoco se inscribe en la imagen típica de la mujer mexicana, es una mujer inteligente, educada, aficionada a la literatura y al. arte. Trata de desempeñar el papel tradicional de hija y esposa, sacrifica sus pasiones e intereses en nombre de sus deberes femeninos. No obstante, por medio de un acontecimiento trágico, abre los ojos y se convierte en un ser humano consciente de su existencia y su lugar en el mundo. La protagonista rompe con la imagen de la mujer sumisa al marido omnisapiente, llega a ser una persona activa y decidida. Conforme a eso, desde el momento de transición Laura empieza a cerrarse al mundo exterior y guardar celosamente su intimidad. El cambio en el carácter de Laura se manifiesta también a través de su actitud hacia los demás, hacia su familia y sus antiguos amigos, quienes no son capaces de aceptar a la nueva Laura. Así pues, la protagonista adquiere los rasgos basicos de un mexicano mediano, tales como la reserva y la desconfianza, y por consiguiente, el cerramiento a lo exterior.

El marido de Laura, Juan Francisco, encarna por su parte todos los rasgos de un hombre mexicano. Es una persona extremadamente cerrada al mundo. Su pavor es abrirse y dejarse vencido, derrotado por el mundo. Además, hasta la muerte no se atreve a contar a su esposa la historia de su vida. Es un personaje hermético, aparentemente invulnerable, capaz de guardarse hasta la muerte.

El personaje mas interesante en Los años con Laura Díaz es el mayor de los dos hijos de la protagonista, Santiago, puesto que es homosexual. Pero, sus inclinaciones homosexuales no lo hacen nada “femenino”, por el contrario, refuerzan el cerramiento. Santiago no consigue abrirse hacia su mejor amiga, su madre, no es capaz de decirle toda la verdad sobre sí mismo. Guarda su secreto y, como todos los demás, se siente diferente. No logra vencer su hombría.

La fiesta y la religión

Octavio Paz denomina a sus paisanos “un pueblo ritual”. Así, el mexicano ama el alarido de la noche de fiesta, goza de las reuniones públicas, porque solamente la fiesta puede inmovilizar la vida. Esta pasión por las reuniones sociales tiene origen en los tiempos precortesianos. Los antiguos mexicanos se juntaban para tomar parte en los espectáculos sagrados de los sacrificios humanos. Las ofrendas en cuestión no eran simples actos de atrocidad, sino servían para sostener la existencia del cosmos y la continuidad de vida. Hoy en día, los mexicanos también se reúnen en el nombre de la religión. Cada pueblo tiene su patrón o incluso dos. Cada año se organizan fiestas para celebrar el día del santo de un pueblo o una ciudad. Además, hay celebraciones comunes para el país entero como las grandes fiestas populares del Día de los Muertos.

La fiesta es un tiempo mágico. El hombre, que se siente suspendido entre el cielo y la tierra, entre la vida y la muerte, entre sus propias contradicciones internas, puede por un momento perderse en el fervor de las celebraciones. El elemento imprescindible de la diversión es la embriaguez gracias a la que el mexicano llega a abrirse. Solamente de esa manera sabe vencer la soledad y destruir su propio cerramiento. El término de la fiesta vincula profundamente la religión y el culto a los santos cristianos con los rasgos indígenas. Los mexicanos adoran a la Virgen de Guadalupe y a Santa María, en realidad, un símbolo de la transculturación. La Virgen junta en sí los rasgos cristianos y los de la pagana Tonatzín – la deidad Madre azteca. A pesar del culto mariano, México se inclina a adorar a Dios con el aspecto de niño o del joven Jesús. Esa inclinación está relacionada con el hecho de que el auge de la popularidad de las divinidades aztecas, tales como Xipe Tótec o Huitzilopochtli (que tenían aspecto de hombres jóvenes) coincidió, al llegar Hernán Cortés con los conquistadores, con la caída del imperio azteca. Los dioses jóvenes se convirtieron en el símbolo de la grandeza del México antiguo. También la figura histórica de Cuauhtémoc, el último joven emperador azteca, se inscribe profundamente en esa corriente.

En Hasta no verte Jesús mío Jesusa Palancares describe un acontecimiento impresionante, en el que la fiesta se une con la religión. Es una descripción del entierro del chico Refugio Galván. El entierro como ceremonia es, en el catolicismo, el símbolo de devolver a Dios lo que es suyo, lo que a Él pertenece, ya que el ser humano, en realidad, no es el dueño de su propia alma, ni de su destino. En conformidad a lo que dice la Biblia, todos somos polvo y vamos al polvo. Al contrario de la cultura occidental, en México la presencia de la muerte no asusta, porque no se la considera como el fin de la vida, sino como el paso al más allá, el peldaño siguiente en la escala de la existencia. La muerte abre el camino a la otra dimensión de la vida humana. Por eso, el entierro parece ser un pretexto para divertirse, celebrar la breve vida por medio de la fiesta. Así es la ceremonia fúnebre de Refugio, alegre y festiva. Después del entierro empieza la fiesta, la gente se siente contenta, no se puede llorar para no quitar la gloria al difunto. El día termina con una borrachera y tiros pegados al aire. Obviamente, tal manera de tratar la muerte en la cultura mexicana está profundamente relacionada con la cosmovisión precortesiana, porque para los antiguos mexicanos la oposición entre vida y muerte no era nada evidente. Este tratamiento de la muerte forma parte de la esencia de la mexicanidad: la coexistencia del cristianismo y del pensamiento azteca en la mentalidad del pueblo.

La representación de Dios en el libro de Elena Poniatowska se manifiesta a través de la aparición del Niño de Atocha. El Jesús de Atocha, llamado el Niño, tiene aspecto de un chico joven, representado con una canasta en la mano. Puede aparecer como un niño de seis años o como un joven de unos veinte. Allí donde llega, hace maravillas. Jesusa cuenta la historia de una mujer sentenciada a muerte, liberada de su destino por el Niño de Atocha. Octavio Paz subraya que los mexicanos adoptaron la imagen de Dios con el aspecto de una persona joven. Tal vez el Niño de Atocha sea un eco lejano de la deidad azteca Xipe Tótec, ya que la imagen de ese dios se acerca al modo mexicano de concebir al Dios cristiano. Entre las tribus nahuatl, Xipe era una deidad representada como un niño, el dios de la fecundidad y de la flora renaciente, su símbolo era el maíz. Así pues, la canasta en la mano del Niño puede ser aludir a Xipe.

Carlos Fuentes por su parte describe en su libro el mundo de las clases altas. La visión del mundo del libro Los años con Laura Díaz no es limitada ni por la pobreza ni por el continuo sufrimiento de hambre. Ahí Dios no existe ya. Algunas huellas de su presencia adornan solamente las iglesias en el campo, viven en las memorias de la protagonista. Laura Díaz menciona la figura de Jesús que había visto cuando era niña, a principios del siglo XX. Era una figura del Negro Jesús de Otatitlán en la iglesia de Catemaco, un pueblo en la región de Veracruz. En aquel entonces, todos los habitantes, fuesen pobres o ricos, personas de la margen social o plantadores del café, daban ofrendas generosas al Negro Jesús. Los pobres traían secretamente hoyas, antiguas alhajas heredadas en sus familias durante siglos, collares de ónix, peines de plata, brazaletes de oro y esmeraldas. Los ricos ofrecían dinero o sacos de azúcar y de harina. Todos rogaban a Dios por la buena suerte para ellos mismos y sus familias. También pedían a Dios por la mala suerte para sus enemigos o vecinos. No cabe duda alguna que la costumbre de ofrecer donativos a una deidad es un claro reflejo del antiguo pasado mexicano. Es verdad que los aztecas no tan sólo sacrificaban a los hombres, sino ofrecían serpientes, flores y piedras preciosas. El costumbre de las ofrendas todavía no ha desaparecido en México.

Es difícil tratar el tema de la mexicanidad sin conocer a los mexicanos ni haber estado en México. A pesar de ello, atraídos por la belleza de la literatura mexicana, nos hemos atrevido a hacer un pequeño resumen de los rasgos típicos de un mexicano medio. El libro de Octavio Paz impugna muchos de los estereotipos vinculados con el concepto de mexicano por un lado, pero por otro, muestra que muchos de ellos son verdaderos. Como conclusion podemos decir que la mexicanidad significa: hombres muy machos, fiestas, religiosidad y falta del pavor ante la muerte, pero fuera de México no se aprecia la tristeza interna y el cerramiento del pueblo mexicano, rasgos parecidos a los de los rusos. Aunque no creemos que, en la actualidad, un mexicano joven sea muy diferente de cualquier otra persona de su edad de cualquier otro país en desarrollo, no se puede olvidar que hay características inscritas en la nacionalidad por razones históricas, sociológicas, económicas, etc. Esos rasgos se reflejan en el arte, de cualquier tipo que sea – pintura o literatura, aun cuando aparezcan escondidos o rectificados. La literatura del México contemporáneo presenta una espesura de símbolos, pero es el primer paso hacia el entendimiento del concepto de la mexicanidad.

Agnieszka Dłuska©

lundi 21 février 2011

Chiles en nogada: les couleurs du drapeau mexicain

Les chiles en nogada sont un plat de cuisine mexicaine typique de l'État de Puebla au Mexique. Il se prépare à partir de chiles poblanos -des piments de grande taille et à faible teneur en capsaïcine-, que l'on farcit de picadillo à base de porc et fruits secs de la saison, et d'une sauce aux noix (la nogada, dérivé de nogal, « noyer »). Le tout est garni de graines de grenade.

Il se consomme généralement à la fin de l'été ou au début de l'automne lors de la saison des noix.

Histoire et culture populaire

La légende veut que le plat ait été élaboré par le peuple de Puebla en l'honneur du « consommateur » de l'indépendance mexicaine, Agustín de Iturbide, le 28 août 1821, mais la date précise, au début des années 1820, n'est pas certaine. On rapporte aussi que l'empereur du Mexique indépendant était particulièrement friand de ce plat, dont la symbolique des couleurs seyait à son armée : le vert des piments (espérance), le blanc de la sauce (pureté) et le rouge des graines de grenade (passion pour la patrie) reproduisent les couleurs du drapeau mexicain.

Les chiles en nogada sont ainsi devenus un plat national, que l'on prépara lors de la fête de l'indépendance, le 16 septembre. Plus généralement, il se consomme surtout à la fin de l'été ou au début de l'automne lors de la saison des noix. La ville de Puebla organise fin août un festival du chile en nogada.


Est-ce qu'il existe encore une «diplomatie» qui ne soit pas seulement histoire d'images?

Quelle tristesse! L'Année du Mexique en France sera donc «dédiée» à une condamnée par la justice mexicaine pour des faits graves! Mais c'est la condition pour que l'image glamour, écran qui accroche la vue, puisse faire profiter de son éclat les images de ses défenseurs en attendant d'être ses sauveurs, par sa mise en exergue sous les projecteurs, comme sur un autel dressé pour elle mais aussi pour eux. Elle sera l'objet de sermons pour la plus grande édification des citoyens et futurs électeurs français. Au pied de cet autel et sur la même scène, les «invités d'honneur» seront des artistes et des créateurs aussi magnifiques que Carlos Fuentes, Elena Poniatowska, Jorge Volpi, Rivelino.. sans oublier les merveilleux masques mayas de jade, les estampes de José Guadalupe Posada, Tamayo, Frida Kahlo et Diego Rivera... Je ne saurais tous les énumérer ici. Oui, vraiment, quelle tristesse! Quel oubli et quel mépris de tous les liens forts et importants tressés entre la France et le Mexique, intellectuels, artistiques, politiques, économiques! comme l'a bien exprimé Elena Poniatowska.

De l'Article de Dominique Courcelles, publié pour http://blogs.mediapart.fr/

17 fév 2011

La philosophe Dominique de Courcelles, membre de l'Académie hispano-américaine des sciences, des arts et des lettres du Mexique, remonte le fil de «l'affaire Cassez» depuis l'arrestation de la jeune femme, le 8 décembre 2005.

Elle éclaire ainsi les dommages de la société du spectacle sur l'exercice de la justice.

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Au cours de l'année 2010, les citoyens français, toutes tendances politiques confondues, se sont trouvés gravement troublés par l'affaire Bettencourt-Woerth, si rapidement étouffée par de fausses neutralités. Ils ont découvert avec effarement l'ampleur des conflits d'intérêts et des trafics d'influences, des profits éhontés: ils doutent désormais de la justice et du droit. Depuis le 14 janvier 2011 et la révolution du jasmin en Tunisie, suivie par les violents bouleversements de l'Egypte, ils sont plus que jamais en proie à la perplexité et à l'inquiétude. La presse française a largement relaté les silences de certains ministres, les paroles malencontreuses d'autres, et d'une façon générale les ententes équivoques et vénales ainsi que les erreurs magistrales en politique étrangère. Dans ce contexte de perte des repères et des valeurs les plus fondamentales de l'éthique et de la vie politique, économique et sociale, ce que l'on peut dénommer «l'affaire Cassez» semble survenir à point nommé.

On observe d'abord un curieux dispositif iconographique, bien rodé depuis l'interview en direct de la prisonnière au 20h de TF1, le 03 février 2010 (voir ici); ce qui tend à montrer à la fois l'attention attachée par l'Ambassade de France à la prisonnière et la bonne volonté des autorités mexicaines de la prison de Tepepan, où elle se trouve incarcérée. Ce dispositif est relayé en France par la presse, en particulier féminine, surtout à partir de 2008.

Ce qui est donné à voir en effet, de façon récurrente, c'est l'image d'un visage de femme, derrière des barreaux. Pourquoi derrière des barreaux, alors que l'on sait qu'elle reçoit les visiteurs et donc les photographes dans l'immense parloir décrépit de la prison de Tepepan ? Considérons plus particulièrement la suggestive image datée du 14 février 2011 pour Le Monde.fr (voir ici) et que l'on retrouve un peu partout dans les presses nationale et mexicaine. Rappelant clairement les constructions de personnages dans la presse people ou au cinéma, Florence Cassez a, derrière ces barreaux, un visage très subtilement et professionnellement maquillé, avec des pommettes légèrement blushées, des cernes légèrement marquées; ses yeux clairs rehaussés de mascara noir et ses très longs cils noirs laissent à peine imaginer des larmes retenues, en raison du caractère lisse de l'ensemble; elle n'exprime d'ailleurs aucune émotion; le seul barreau horizontal qui figure sur l'image n'empêche pas de découvrir et valorise même la lèvre inférieure, enduite d'un brillant rosé, dont les contours sont soulignés d'un trait de crayon rose soutenu; les barreaux verticaux, judicieusement placés, ne cachent aucun des traits.

On sait que l'extrême diffusion de la retouche dans la presse people est liée à l'importance que le personnage et son image revêtent pour imposer un message précis. Dans la ligne de l'analyse des mécanismes de narration visuelle, on peut dire que l'image souscrit ici au goût prononcé des photographes soucieux de vendre de l'émotion et du glamour. Mais cette confusion visuelle a d'évidentes conséquences sur la lecture. La femme paraît fragile et courageuse, blessée et dans l'attente. Et l'on sait bien le rôle des images et leur positionnement dans la société qui les produit. Or ici, c'est dans le contexte de perte des repères et des valeurs de l'éthique concernant le monde politique, dans le contexte d'abus commis par les plus forts sur les plus faibles, que se découvre en France l'image de Florence Cassez prisonnière. Cette image magnifiée par cette mise en scène et par son unicité est une véritable image écran, forte et opaque, qui heurte et retient la vue, en contrepoint du déferlement d'images que nous subissons quotidiennement et que nous oublions sans les avoir vues.

Or, de qui s'agit-il? Qui est Florence Cassez? Plusieurs faits qui figurent dans le dossier de justice de Florence Cassez ne sont en général pas évoqués, tout simplement parce que ses avocats défendent son «innocence» sur la base des irrégularités commises pendant son procès, et ces irrégularités sont nombreuses. De ce dossier le quotidien mexicain Reforma, qui est l'équivalent du journal Le Mondeau Mexique, a donné les principaux éléments depuis le 11 février dernier. Les voici: le 8 décembre 2005, alors que Vicente Fox est président de la République mexicaine, Florence Cassez est arrêtée dans le rancho Las Chinitas, à Topilejo, dans la Délégation de Tlalpan de la ville de México, où elle vit depuis au moins trois mois comme compagne d'Israel Vallarta, chef de la bande los Zodiaco, spécialiste en enlèvements et séquestres de personnes; la police qui l'arrête découvre dans le rancho trois personnes séquestrées, une femme et son enfant de dix ans, séquestrés depuis 50 jours, et un homme, séquestré depuis 65 jours, dont les noms sont connus et indiqués par le quotidien Reforma. Ils se seraient donc trouvés, au moins temporairement, en même temps que la Française dans le même lieu.

Ce rancho est loin d'être immense, puisqu'il a 40m de façade sur une profondeur de 120m: il comporte deux maisons, une maison principale et une maison qui est une maison de service «cuarto de servicio» avec une seule pièce. De la maison principale au «cuarto de servicio» il y a 65m de distance. Le «cuarto de servicio» est à 10m de la porte principale et, pour accéder à la maison principale ou en sortir, on passe nécessairement devant. Tout cela permet de penser qu'il a été difficile à Florence Cassez d'ignorer la présence des trois prisonniers là où elle vivait. Travaillant dans un hôtel, Cassez gagne alors de 6000 à 8000 pesos par mois. Or au moment de son arrestation, il existe une fiche de dépôt à son compte à la banque Banamex d'un montant de 50 000 pesos.

Une fois arrêtée, Cassez ne cesse de clamer son «innocence». Mais qu'est-ce que cette «innocence»? De quoi est-elle innocente? S'il est probable que Cassez n'a pas elle-même directement procédé aux enlèvements des personnes séquestrées, il est également probable, en raison des témoignages donnés par les personnes séquestrées, y compris par l'enfant de dix ans, qu'elle a été la complice du recel de ces personnes et, en tout cas, peut-être coupable de non assistance à personne en danger (même si cette qualification n'existe pas dans le droit mexicain). Selon ces témoignages, elle apportait de la nourriture aux séquestrés qui, n'ayant jamais vu son visage, ont cependant entendu sa voix et reconnu qu'elle avait un accent étranger; Certains ont évoqué sa brutalité. Plus tard, dans les confrontations, ils ont déclaré reconnaître sa voix, ses mains et ses cheveux. Le mot «innocence» vient du latin nocere, nuire. L'innocent est celui qui ne nuit pas; c'est un qualificatif positif et non passif. Cassez, étant libre de ses mouvements, aurait pu sans risque pour sa vie, en tant que Française, dénoncer les séquestreurs et mettre fin à leur «nuisance» et donc à la sienne, sous la protection de l'Ambassade de France. Nul doute que son «innocence» lui aurait alors valu d'être considérée comme une «héroïne».

Il est pratiquement impossible en France d'imaginer à quel point la société mexicaine peut être traumatisée et terrorisée par la pratique, gravement développée depuis une dizaine d'années, des «secuestros». En sont victimes toutes les classes sociales, des plus aisées aux plus simples. Les enlèvements et séquestres sont effectués dans la plus grande violence; les prisonniers sont souvent mutilés, torturés, abusés, mis à mort, même si leurs proches font tout ce qu'ils peuvent pour réunir les sommes, souvent exorbitantes, qui leur sont réclamées. S'ils sont libérés, ils n'osent plus retourner chez eux, quittent généralement la ville où ils habitaient, perdent leurs métiers, abandonnent et sont abandonnés de leur entourage lui-même terrorisé; rarement, ils osent témoigner ultérieurement de ce qu'ils ont souffert, tant ils demeurent prostrés dans la crainte de représailles; il est connu que leurs déclarations manquent souvent de cohérence, voire se contredisent. Les chantages sont également très fréquents et tout aussi terribles. Parfois, des policiers ont pu participer aux «secuestros», ce qui a contribué à la perte de confiance des citoyens dans leur police et dans leur justice. Dans certains quartiers de la ville de Mexico, la tension est particulièrement grande, par exemple dans la Central de Abasto, le grand marché d'approvisionnement de la ville de Mexico, où les enlèvements sont particulièrement nombreux. Je me rappelle avoir assisté aux marches de protestation d'associations de la société civile, avoir vu et entendu un chauffeur de taxi sangloter lors de la mort du jeune Alejandro Marti, âgé de quatorze ans, enlevé puis tué dans des conditions atroces.

C'est précisément dans ce contexte d'émotion et de peur, de désespérance de la justice et de la police que, de façon évidemment inacceptable et contraire aux règles les plus élémentaires de l'éthique audiovisuelle, Televisa, la grande chaîne de télévision nationale, s'est emparé de ce fait de délinquance, le transformant en «affaire Cassez». Ainsi a été mis en scène, dès le 9 décembre 2005, soit le lendemain même de l'arrestation de Cassez dans le rancho, avec la complicité ou à la demande de la police mexicaine, un spectacle destiné à une grande audience, un montage vidéo, un de ces reality show qu'affectionne particulièrement Televisa, semblable en cela à de nombreuses chaînes télévisées du monde actuel. Car, dans ce cas, il s'agissait de l'arrestation d'une femme, jeune, étrangère et française.

C'est ainsi que, d'emblée, Cassez a été transformée en image télégénique. La chaîne voulait-elle faire un scoop? La police voulait-elle prouver son efficacité? Les cinq arguments de la défense et du pourvoi en cassation par les avocats de Cassez portent sur ces faits pour réclamer son absolution totale et son renvoi en France. Mais comment et pourquoi privilégier la forme, le montage vidéo, et non le fond pour décider entre l'innocence et la culpabilité? Il est vrai qu'après la découverte du montage video le procès a encore donné lieu à quelques montages, tout aussi scandaleux, et la pratique mexicaine de garder secrets les dossiers de justice ne facilite pas la compréhension ni le discernement. L'énormité de la peine, 96 ans puis 60 ans de prison, décrétée à l'encontre de Cassez, s'inscrit donc dans cette logique dramatique.

Contre le fléau épouvantable des enlèvements et séquestres, la société civile a été amenée à s'organiser. Au cours des dernières années, plusieurs ONG ont vu le jour afin d'aider les victimes de séquestres et contribuer à la protection des citoyens, comme Alto al Secuestro, la Asociación Nacional de Consejos de Participación Cívica, México S.O.S., Causa en Común. Elles constituent bien le reflet de la société civile mexicaine qui, dans son immense majorité et en dépit du manque de transparence du système judiciaire mexicain, ne met pas en doute les responsabilités de Cassez.

Je suis donc étonnée de lire dans les journaux français que le cas Cassez divise l'opinion mexicaine (L'Express, 14/02/2011). Je suis encore plus étonnée d'apprendre dans le même quotidien «les positions très tranchées de l'Eglise Catholique mexicaine»; il est notable que seul le cardinal archevêque de Mexico, Norberto Ribera, peut émettre, lui-même ou son porte parole, un avis qui engage l'Eglise catholique mexicaine: il ne s'est évidemment pas prononcé en faveur de Cassez, ce qui aurait provoqué un scandale considérable-en l'occurrence, le prêtre Pedro Arellano cité, n'est en rien «le représentant de l'Eglise mexicaine». La Commission pastorale pénitentiaire, également citée, a seulement évoqué les vices de forme qui ont marqué le cas Cassez; cela n'a rien à voir avec une déclaration d'«innocence».

Par ailleurs, si le célèbre juriste Ignacio Morales Lechuga estime que le droit pénal n'a pas été respecté et que les kidnappeurs sont toujours en liberté, cela ne signifie pas pour autant que Cassez ne soit pas complice ou coupable de non assistance à personne en danger. Depuis des mois, il est de notoriété publique que l'Ambassade de France à Mexico s'efforce d'obtenir son rapatriement, réclamé dès mars 2009 par le Président Sarkozy alors en visite à Mexico; l'insistance du Président français n'a pas manqué de susciter des réserves non seulement des Mexicains mais également de nombreux Français travaillant dans le pays. En juin 2009, le Président Calderon a déclaré que Cassez accomplira sa peine au Mexique.

En attendant la décision sur le pourvoi en cassation prévue pour février 2011, l'image glamour de Cassez est apparue régulièrement dans la presse people ou non, devenant de plus en plus glamour et retenant la vue, à mesure que l'image du Mexique se diabolisait dans les médias en raison des problèmes gravissimes du narcotrafic et de l'insécurité grandissante, largement relayés par la presse française et internationale. Il est étonnant de remarquer que les images diffusées de Cassez, aussi bien dans les médias français, ce qui est compréhensible, que dans les médias mexicains, ce qui l'est moins, sont toujours les mêmes et participent toujours de cette même construction d'image de femme courageuse, fragile et blessée d, comme s'il y avait un monopole exercé sur cette image: mais par qui exactement? Par des photographes qui travailleraient pour l'Ambassade de France habilitée à visiter la prisonnière? Quel est le rôle exact de l'Ambassadeur? Quelle impulsion pourrait venir des plus hautes instances de l'Etat français? Ce ne sont là que quelques questions, parmi d'autres, que se posent bon nombre de Français présents à Mexico-et également des Mexicains.

Il est donc compréhensible que les associations de la société civile mexicaine mentionnées plus haut aient été et soient particulièrement vigilantes à l'égard de la Française. Elles s'indignent que «Florence Cassez Crespin cherche à passer pour une victime et à être extradée dans son pays d'origine au lieu d'accomplir la peine qu'elle mérite dans notre pays... Les véritables victimes sont celles qui ont subi un séquestre...» (Reforma, jeudi 10 février 2011) et elles s'inquiètent de ce qu'elles qualifient de «pressions diplomatiques». Le 10 février 2011, l'Ambassade n'a pas hésité à accuser les ONGs de faire pression sur le pouvoir judiciaire mexicain.

On peut évidemment s'interroger sur le bien-fondé de cette accusation, dans la mesure où les ONG, en tant qu'organisations de la société civile et expression de lasoft law, doivent être parfaitement libres d'émettre un communiqué commun destiné aux instances de leur pays, quitte à ce que ces dernières en tiennent compte ou non. En tant qu'administratrice de la section française de l'ONG Transparence International, spécialisée dans la lutte contre la corruption, je sais bien toute la valeur et la difficulté de ces communiqués; mais cette action de plaidoyer en faveur des victimes ressortit à la démocratie. C'est alors que, ce même 10 février, la justice mexicaine a rejeté le pourvoi en cassation de la Française. C'est la fin de la procédure judiciaire au Mexique.

Comme nous l'avons évoqué plus haut, en ce début d'année 2011, l'opinion française est particulièrement émue par ce qu'elle ressent comme une perte des repères et des valeurs de l'éthique, surtout en matière de politique étrangère, dans certains milieux politiques et économiques. De hauts représentants de l'Etat se trouvent nommément mis en cause. Le sauvetage de l'image glamour, fragile et blessée de la condamnée relayée dans les médias français -et de belle dame sans merci, dans les médias mexicains-, offre alors à ceux/celles qui sont les plus critiqués à l'occasion des événements récents de Tunisie ou d'Egypte une opportunité de «blanchiment d'image» ou de rebondissement brillant de carrière. Dès lors, l'affaire Cassez, qui aurait pu être réglée normalement et sereinement par un accord juridique entre la France et le Mexique et sans doute aboutir à ce que Florence Cassez purge sa peine en France, détériore les relations entre les deux pays.

Il convient de rappeler ici une histoire ancienne qui a durablement marqué les Mexicains et que les Français ont peut-être oubliée; en tout cas elle ne se trouve pas dans les livres d'histoire, et c'est sans doute aussi bien, parce qu'elle serait peu édifiante pour les écoliers français. Voici de quoi il s'agit. En 1837, dans le contexte de la fin de la guerre d'indépendance avec l'Espagne et du début de la main mise sur les territoires du nord par les Etats Unis d'Amérique, le Mexique est en proie au chaos. Les gouvernements successifs sont dans l'impossibilité d'indemniser les habitants, citoyens mexicains ou étrangers installés dans le pays, qui sont victimes des destructions et des pillages; mais, dès 1827, ils ont pris soin d'indiquer qu'en raison des troubles ils ne pourraient pas verser d'indemnités mais qu'en contrepartie ils n'exigeraient aucune contribution forcée des étrangers, en particuliers français, et qu'ils les laisseraient librement commercer. C'est alors qu'un pâtissier français, installé à Tacubaya, prétend qu'on lui a dérobé pour 60 000 pesos de pâtisseries, soit 300 000 francs-or de l'époque ! et fait appel au gouvernement de Louis Philippe, alors roi des Français et en grandes difficultés politiques en France, pour l'aider à obtenir cette somme des Mexicains.

Il se trouve qu'à la même époque, un pirate français est pris et fusillé à Tampico. La France prend aussitôt fait et cause pour ses ressortissants et réclame au gouvernement mexicain 600 000 pesos de dédommagements, rien que cela ! Dès février 1838, une flotte française s'approche de Veracruz et s'emploie à bloquer tous les ports mexicains du Yucatan au Rio Grande. C'est la guerra de los pasteles, la «guerre des pâtisseries»: les Français s'emparent de la forteresse mexicaine de San Juan de Ulúa et entrent dans Veracruz le 4 décembre 1838. Antonio López de Santa Anna combat héroïquement contre les Français et, finalement, le 9 mars 1839, une puissante flotte anglaise met fin au blocus de Veracruz et oblige les Français à partir. C'est ainsi que les Mexicains ont la conviction que l'emportement pour la défense de causes douteuses a déjà existé dans la diplomatie française, pour des raisons qui ne sont pas forcément les raisons prétendument invoquées.

L'affaire Cassez qui aurait du rester un «fait d'ordre juridique», selon l'expression du grand écrivain Carlos Fuentes dans Reforma, est donc portée sur la scène diplomatique. On ne quitte décidément pas le registre du spectacle, de la mise en scène et de la construction/déconstruction d'image, au moment où sur la vaste scène culturelle française s'annonce et commence l'Année du Mexique avec tout un programme d'expositions, de projections de films, de conférences. La ministre des Affaires étrangères, qui a été particulièrement mise en cause à l'occasion de la révolution tunisienne, s'exprime longuement: avec mépris, elle évoque une«décision déplorable» de la justice mexicaine, n'hésite pas à dénier au Mexique la qualité d'«Etat de droit», assure que le gouvernement français «accompagnera» les«actions» de Cassez. Quelle chance pour les avocats de Cassez et de sa famille! Lorsque la ministre déclare, menaçante, que les relations bilatérales franco-mexicaines seront affectées, on ne peut s'empêcher de penser ici à la guerra de los pasteles, rappelée plus haut! Enfin elle promet qu'elle n'assistera à aucune manifestation de l'Année du Mexique. Il est intéressant d'observer que la secrétaire générale du Parti socialiste s'inscrit immédiatement dans la suite de la ministre UMP.

Il ne faut pas oublier que trois instances judiciaires du Mexique se sont prononcées successivement sur le cas de Cassez et les trois ont donné une sentence négative, en refusant de mélanger la forme et le fond. La dernière sentence en date du 10 février 2011, comme nous l'avons dit, est prononcée par le Séptimo Tribunal Colegiado Penal du District Fédéral, équivalent mexicain de la Cour de Cassation: les arguments de vices de formes avancés par la défense sont déclarés sans effets sur le jugement de culpabilité; des vices de forme, si nombreux soient-ils, ne sauraient influer sur le jugement de la responsabilité pénale d'un flagrant délit. Pourquoi, dans ces conditions, les politiques français mettraient-ils en doute l'indépendance des juges Carlos Hugo Luna Ramos, Manuel Bárcena Villanueva et Ricardo Ojeda Bohórquez? En mettant en doute cette indépendance, ils semblent considérer que l'indépendance des juges ne peut être confirmée que par une confusion de la forme et du fond, c'est-à-dire par une soumission à la mise en scène et à l'imaginaire. On est en plein paradoxe, car il est vrai également que les Mexicains n'aiment pas leur justice, ne croient pas en leur justice, éprouvent le sentiment tragique de la corruption, mais pourtant ils croient en la démocratie de leur pays, ils croient qu'il y a des contrepouvoirs en développement, «une démocratie d'en bas en fin de compte formidable», comme l'a affirmé le célèbre et lucide Carlos Monsiváis à Carmen Aristegui en 2009. Et cette démocratie est celle des petites communautés et associations de quartiers ou de villes, des associations de métiers, des ONGs, etc. (cf Transición : conversaciones y retratos de lo que se hizo y se dejó de hacer por la democracía en México, Ed. Grijalbo, p. 268).

Voici que Cassez déclare qu'elle a «peur d'une crise diplomatique» dans Le Mondedu 14 février et qu'elle «veut» que l'Année du Mexique ait lieu en France, ce que n'ont pas compris ses parents, qui ne voient dans leur fille que leur propre chair et non l'image qui s'est construite d'elle et n'hésitent pas à réclamer directement au président la suspension de l'Année du Mexique. Car pour l'image glamour-et elle est assez fine pour l'avoir parfaitement compris-, c'est bien cela le plus horrible: une crise du spectacle, la scène qui se dérobe et suscite sa désintégration. Car elle n'est bien qu'image, ou sinon une petite délinquante arrêtée en flagrant délit. Justement, l'Année du Mexique consiste en représentation et spectacle, parole et image, culture. Et que dit l'image Cassez, selon le quotidien mexicain La Jornada du 14 février: «Il faut que l'Année du Mexique en France soit utilisée pour parler de ma cause, qu'on y affiche des photographies de moi, qu'on discute de mon cas en chaque acte... Le pire serait qu'on m'oublie ».

L'image, toujours l'image. Cependant que le recteur de la UNAM (Université et institution majeure de la vie intellectuelle mexicaine), réclame une position plus ferme du gouvernement mexicain, voici que le Président français annonce le 14 février- jour de la Saint Valentin !-que l'Année du Mexique sera dédiée à Florence Cassez. Cette décision ne peut qu'être insupportable aux Mexicains.

Quelle tristesse! L'Année du Mexique en France sera donc «dédiée» à une condamnée par la justice mexicaine pour des faits graves! Mais c'est la condition pour que l'image glamour, écran qui accroche la vue, puisse faire profiter de son éclat les images de ses défenseurs en attendant d'être ses sauveurs, par sa mise en exergue sous les projecteurs, comme sur un autel dressé pour elle mais aussi pour eux. Elle sera l'objet de sermons pour la plus grande édification des citoyens et futurs électeurs français. Au pied de cet autel et sur la même scène, les «invités d'honneur» seront des artistes et des créateurs aussi magnifiques que Carlos Fuentes, Elena Poniatowska, Jorge Volpi, Rivelino.. sans oublier les merveilleux masques mayas de jade, les estampes de José Guadalupe Posasa, Tamayo, Frida Kahlo et Diego Rivera... Je ne saurais tous les énumérer ici. Oui, vraiment, quelle tristesse! Quel oubli et quel mépris de tous les liens forts et importants tressés entre la France et le Mexique, intellectuels, artistiques, politiques, économiques! comme l'a bien exprimé Elena Poniatowska.

Comme cela est prévisible, le 15 février, le gouvernement mexicain décide la suspension de tous les projets. Il n'y aura pas d'Année du Mexique en France:«Responde México a Francia: ¡Así no !» peut-on lire à la une du grand quotidienReforma. Si le même Reforma, le 16 février, souligne que les partis politiques mexicains, le PRI et le PRD, soutiennent la décision gouvernementale, il pose la question «A qui profite le cas ?». Carlos Fuentes est alors cité: «Le Président Sarkozy essaie de relever sa popularité qui est au plus bas», puis Le Monde: «Le parti de Monsieur Calderón manipule le cas Cassez à des fins électorales».

L'affaire Cassez pose une fois encore le problème de la transparence dans les démocraties. Si le montage video a porté atteinte à la crédibilité de la justice mexicaine, la mise en scène et l'utilisation de l'image de Cassez renvoient à d'autres dérives: pourquoi transformer un fait divers en affaire d'Etat? Pourquoi ne pas respecter une décision de justice, en dépit des conditions si particulières de cette décision? Est-ce qu'il existe encore une «diplomatie» qui ne soit pas seulement histoire d'images?

Ofelia Medina

Ofelia Medina, actrice, actuellement est politiquement en activité comme défenseur du peuple autochtone du Mexique méridional.

Ella a fait son début comme actrice au Mexique en 1968 avec le film Paz de La et à Hollywood avec La grande difficulté dix ans après. En 1977 elle a joué dans la telenovela Rina, un grand succès au Mexique. Elle a dépeint Frida Kahlo dans le film du directeur Paul Leduc: Frida, nature morte. Au Canada, Medina a été nommé pour la Récompense de Génie pour son travail dans le film Immunité diplomatique en 1991.